La nouvelle étape de la décentralisation lancée par Monsieur Raffarin apparaît de plus en plus pour ce qu'elle est : une manœuvre piteuse de transfert aux collectivités locales des charges que l'Etat ne peut plus ou ne veut plus assumer.
Nous ne sommes bien évidemment pas sur le fond opposés au principe de nouveaux transferts de compétences entre l'Etat et les collectivités locales, mais force est de constater que les réformes envisagées ne vont créer que de nouvelles inégalités entre les citoyens et entre les territoires :
- Ainsi l'abandon de la volonté de transférer aux régions de véritables blocs de compétences et le renoncement à l'établissement d'un véritable dispositif de péréquation entre les régions en sont la meilleure démonstration.
-S'agissant des expérimentations que pourront mener les régions, celles-ci ne portent que sur des secteurs ou l'Etat est en grave difficulté et où les crédits sont insuffisants (travaux sur les monuments historiques, investissements hospitaliers…).
- Enfin, cette réforme ignore superbement les communes et les intercommunalités : rien ne les concerne ! La question du mode de scrutin des assemblées des structures de coopération intercommunales (communautés de communes, communautés d'agglomération…) est totalement oubliée, de même que celle du financement pérennisé des politiques intercommunales. Mais en la matière, est-ce vraiment étonnant quand on voit par exemple les réticences et l'incapacité du Maire de Louveciennes et de son équipe à mener pour notre ville une politique intercommunale cohérente et dynamique ?
Pour nous, élus de gauche, la décentralisation est avant tout un moyen de mettre en œuvre une gestion publique garante des grands principes du service public : égal accès de tous, répartition équilibrée sur l'ensemble du territoire, permanence du service, etc.
Elle doit également permettre de rapprocher le citoyen de la gestion publique en développant la démocratie locale. N'oublions pas qu'avec la loi relative à la démocratie de proximité de 2002, la gauche a commencé à bâtir un réel statut des élus, accompagné d'une limitation du cumul des mandats et a fortement incité les communes à consulter et informer davantage leurs habitants sur la politique municipale.
Sur ce point, rien non plus si ce n'est un énorme bond en arrière avec la scandaleuse réforme des modes de scrutin, qui dès les prochaines élections régionales de 2004 portera un coup fatal à la pluralité politique dans notre pays et à l'expression des minorités, éloignant encore un peu plus les citoyens de la vie politique.
Face à ces réformes que nous contestons fermement, nous travaillons chaque jour au niveau municipal pour défendre une vision citoyenne et solidaire de la politique locale et de la décentralisation :
- en réclamant davantage de concertation avec la population sur les projets communaux,
- en défendant la qualité des services rendus aux Louveciennois qui malheureusement ne cesse de diminuer (contrairement à la fiscalité !),
- en réclamant une politique sociale ambitieuse notamment en matière de logement.
Pascal LEPRÊTRE
Catherine LE GUERN
conseillers municipaux
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