Jeudi 6 décembre 2001
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Monsieur le Maire, mes chers collègues,
Depuis les élections municipales de 1983, les élus de gauche qui se sont succédés au Conseil municipal, ont toujours défendu une politique pour notre ville résolument différente de celle menée par votre équipe. Parmi nos priorités a toujours figurée celle du logement social. Si votre équipe a pu parfois écouter quelque peu nos élus lors des mandats précédents, et commencer à construire quelques logements sociaux, notre ville n'a pas suffisamment participée à cet effort de solidarité nationale.
Or, aujourd'hui la donne a changé : Depuis 1997, la France connaît une vague de réformes importantes, destinées entre autres à réduire les inégalités sociales. La loi du 13 décembre 2000 " solidarité et renouvellement urbain " dite " loi Gayssot ", participe à cet élan en s'attaquant courageusement à la logique de certaines communes, dont Louveciennes, caractérisée par le repli et le refus de l'accueil sur leur sol, de logements sociaux.
Je rappellerai quelques chiffres concernant Louveciennes :
La région Ile de France compte 1281 communes. Sur ces 1281 communes seules 182 ne disposent pas de 20% de logements sociaux soit 14%. Louveciennes en fait parti, et avec un taux de seulement 8, 72% de logements sociaux, elle se situe même dans la moitié inférieure du tableau.
Ce sont donc plus de 300 logements qui manquent à notre ville ce qui induit plusieurs conséquences que nous déplorons:
1. Le fait que Louveciennes soit " hors la loi " pénalise notre ville de 500 000 F par an. Comme nous vous l'avons déjà dit au cours de séances antérieures, nous préférerions que cette somme conséquente soit mieux utilisée, par exemple en créant quelques emplois dans le cadre de la mise en œuvre des 35 heures, et en améliorant ainsi les services publics.
2. Mais, au-delà de l'aspect strictement financier, cette politique a exclu de notre ville, environ un millier d'habitants sur le seul critère de la modestie de leurs revenus. Les jeunes sont particulièrement touchés par ce phénomène, les chiffres de notre démographie en disent d'ailleurs long à ce sujet : Entre 1990 et 1999, la tranche d'âge des 20-39 ans est passée de 24,8% à 22,3%.
Nous pourrions être satisfaits aujourd'hui de la présentation d'une telle délibération. Ce n'est malheureusement pas le cas.
En premier lieu, nous regrettons que comme pour d'autres avancées sociales, vous soyez obligés d'être sous la contrainte d'une loi pour commencer à agir :
- Ce fut grâce à la loi sur la parité que vous avez pour la première fois en 2001 présenté une liste aux suffrages des Louveciennois comprenant 50% de femmes. Pour notre part, nous avons toujours présenté des listes paritaires depuis 1983.
- C'est à l'approche de l'échéance légale du 1er janvier 2002 pour la mise en œuvre des 35 heures, que vous vous êtes résigné il y a un mois à les mettre enfin en place,
- Et si nous débattons aujourd'hui du logement social, cela n'est du encore une fois, qu'à la seule volonté du gouvernement de Lionel Jospin, et non à la vôtre.
En second lieu, à regarder votre politique depuis 20 ans et à observer les réactions de certains membres de votre équipe à la seule prononciation des mots "logement social", nous savons que vous ne vous engagez pas à respecter cette loi avec un grand enthousiasme. Votre prédécesseur, dont vous étiez l'adjoint, a d'ailleurs en sa qualité de député, voté contre ce texte à l'Assemblée Nationale.
Tout ceci nous fait véritablement douter de votre détermination.
D'ailleurs vos objectifs demeurent assez évasifs puisque aucun échéancier de réalisation n'est prévu. En effet, le programme triennal 2002 - 2004 que vous annoncez ne correspond qu'à des décisions déjà adoptées (villa St-Louis et Bas-Brunay). En réalité vous n'avez aucun projet pour l'avenir, ni pour les années 2002-2004, et encore moins pour les années suivantes, où vous vous contentez de nous énumérer la liste des réserves foncières déjà existantes, et de nous parler de " faisabilité " ou de " possibilités ". Mais quid des réelles décisions ou de la révision du PLU ? : aucune date, aucune perspective ne figure dans ce document. Vous évoquez le passé, le présent, mais aucunement l'avenir.
Ce document dont nous n'avons d'ailleurs jamais entendu parler en commission, a été vraisemblablement préparé dans la plus grande précipitation pour satisfaire l'exigence de la loi, et la demande de Monsieur le Préfet de bien vouloir délibérer avant la fin de l'année sur ce sujet.
Comme vous l'aurez compris, nous nous abstenons quant à ces " objectifs " qui n'en sont d'ailleurs pas.
Nous attendrons les premiers projets concrets pour juger de votre détermination et vous apporter alors notre soutien.
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